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Accueil du site > Tribune Libre > Poutine d’une patience angélique

Poutine d’une patience angélique

 

 
QUI PEUT SE TRANSFORMER EN COLÈRE DIVINE
 
 
C’est en m’inspirant de la médaille de l’Ange de la paix, remis par le pape François au président Poutine, que j’ai qualifié cette patience d’ »angélique ». Par contre, le sous-titre m’est venu de cette phrase d’inspiration biblique « La coupe des offenses a maintenant débordé, la patience de DIEU est éteinte et ne retient plus le bras de Sa colère ».
 
Déjà, en octobre 2014, lors de sa fameuse rencontre internationale de Valdaï, à Sotchi, Vladimir Poutine avait eu, entre autres, ces propos pour définir la conjoncture du monde dans lequel nous vivons :
 
"…le monde s'est engagé dans une époque de changements et de mutations profondes, époque où nous devons tous faire preuve d'un degré élevé de prudence et d'une capacité à éviter les démarches irréfléchies".
 
« L’Occident donne l'impression d'être en perpétuelle lutte contre les résultats de sa propre politique. On a parfois l'impression que nos collègues et amis ne cessent de lutter contre les résultats de leur propre politique. Ils lancent toute leur puissance pour éliminer les risques qu'ils créent eux-mêmes, en le payant de plus en plus cher. »
 
« …il n'y a, malheureusement, plus de garanties ni de certitude que le système actuel de sécurité mondiale et régionale soit capable de nous épargner des bouleversements".
 
"Ce système est sérieusement affaibli, morcelé et déformé. Les institutions internationales et régionales de coopération politique, économique et culturelle traversent une période difficile »
 
Pas surprenant qu’il évoque le besoin d’un nouveau consensus des forces responsables de l’avenir de l’humanité et une meilleure compréhension des principales sources des conflits. 
 
En novembre 2015, une année plus tard, lors de sa rencontre avec les experts internationaux, réunis de nouveau à Sotchi, il a, entre autres, ces paroles :
 
 « Les États-Unis possèdent un grand potentiel militaire, mais il est toujours difficile de mener un double jeu : lutter contre les terroristes et en même temps en utiliser certains pour poser des pions sur le damier du Moyen-Orient dans leur propre intérêt. Il est impossible de vaincre le terrorisme si l’on utilise une partie des terroristes comme un bélier pour renverser des régimes que l’on n’aime pas. On ne peut pas ensuite se débarrasser de ces terroristes. C’est une illusion de croire qu’on pourra les chasser du pouvoir. Le meilleur exemple nous est donné par la situation en Libye. On espère que le nouveau gouvernement pourra stabiliser la situation, mais ce n’est pas le cas pour l’instant. »
 
« Il ne faut pas diviser les terroristes entre modérés et non-modérés. On voudrait savoir la différence. Les experts disent que les terroristes « modérés » décapitent les gens de façon modérée ou tendre, »
 
Voici ici cinq déclarations franches de Poutine à cette rencontre de Valdaï. Le détour en vaut la peine.
 
Que s’est-il passé depuis lors ? Où en sommes-nous en ce mois d’octobre 2016 ? 
 
Les évènements des derniers mois n’augurent rien de bon ». Il y a eu cet accord de cessez-le-feu, du 9 septembre, obtenu après de nombreuses heures de négociation. Il n’aura duré que quelques jours. Les forces aériennes des États-Unis ont attaqué de nui, le 17 septembre, les forces le l’armée syrienne qui observaient la trêve, faisant plus de 62 morts et près de 100 blessés. Les auteurs de ces attaques ont reconnu les faits qu’ils ont aussitôt qualifiés de bavures, d’erreurs malheureuses. 
 
Cette explication n’a pas tenu la route bien longtemps, une fois connus les préparatifs et les suites de ces bombardements. De fait, à peine terminée cette attaque nocturne, les terroristes qui avaient perdu cette partie du territoire s’élancèrent aussitôt pour la récupérer, comme s’ils en avaient été informés à l’avance. Moscou a vu dans cette opération une forme de complicité entre les États-Unis et les terroristes. La réaction du gouvernement syrien fut de se dissocier de cet accord, surtout utilisé par la coalition des États-Unis et de l’OTAN pour permettre aux terroristes de refaire leur force et de reprendre le terrain perdu.
 
Cette trahison de l’accord de cessez- le-feu, signé quelques jours plus tôt, n’a fait que renforcer cette conviction que les États-Unis et ses alliés de l’OTAN sont de mèches avec les terroristes pour renverser le gouvernement légitime de Bachar Al Assad. Les subtilités utilisées pour distinguer les terroristes modérés des autres terroristes qui ne seraient pas modérées ne sont que des couvertures pour brouiller les pistes et faire de la Russie la responsable de tous les maux qui se produisent. 
 
Récemment a été mis à nue la véritable identité des « Casques blancs  ». Une autre mascarade qui permet de couvrir les perversions de la soi-disant coalition internationale dans sa lutte contre le terrorisme. Ils en font eux-mêmes parties. Les populations occidentales sont devenues prisonnières de l’information qui leur est servie à travers des montages dont seul Hollywood a le secret. 
 
Alep est présentement au cœur de l’actualité. On y accuse la Syrie et la Russie d’y massacrer d’innocentes victimes. On se garde bien de préciser la présence des terroristes et la partie de la population prise en otage comme bouclier humain. La Russie et la Syrie ont décidé de suspendre leurs attaques aériennes pour permettre l’évacuation de la population ainsi que des terroristes. La première nuit de la trêve, deux avions de la coalition internationale ont survolé et bombardé un village de ce territoire d’Alep, faisant fi de ce cesser-feu des autorités syriennes. Une autre bavure dont ils ne peuvent s’extirper, la Russie ayant toutes les preuves de ces vols. 
 
Que conclure de tout cela ?
 
Du point de vue du président Poutine, la coalition internationale est de mèche avec les terroristes qui leur servent de relais pour atteindre leurs objectifs au Moyen-Orient. Ce ne sont pas eux qui vont lutter pour les faire disparaître. Ils font partie de leur arsenal militaire.
 
Les perspectives de l’arrivée à la Maison-Blanche d’Hillary Clinton représentent une véritable menace pour la Russie et l’humanité. Son obsession pour une guerre contre la Russie doit être prise très au sérieux. 
 
Les pays membres de l’OTAN demeurent soumis à Washington, bien que certaines fissures commencent à fragiliser son unité. 
 
On peut se demander si pour le président Poutine se confirme le constat qu’aucune solution politique n’est possible avec de tels « partenaires ». Si tel était le cas, nous connaissons tous ce que les rues de Saint Petersburg lui ont enseigné lorsqu’il était jeune : « "Si la bagarre est inévitable, il faut frapper le premier"
 
Oscar Fortin
Le 22 octobre 2016 

Moyenne des avis sur cet article :  4.88/5   (41 votes)




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109 réactions à cet article    


  • roman_garev 22 octobre 2016 16:52

    Merci Oscar pour cet article.

    Pourtant je vois déjà des trolls du village gouailler sur « l’ange Vladimir ».

    Angélique ou pas, la patience de la Russie envers ses soi-disant partenaires « d’outre-mare » (comme disent en Russie) est épuisée. Lavrov a déclaré cela clairement, et l’ultimatum de plutonium reste en vigueur.
    L’escadre russe se rassemble en Méditerrannée d’Est, munie, entre autre, d’avions Su-33 avec des missiles air-air, de bâtiments armés de missiles de croisière Kalibr, de destroyers, de navires à troupes de débarquement, de sous-marins dont on ne sait rien... Sans parler des bombardiers stratégiques et des navires à Kalibr de la mer Caspienne qui étaient déjà démontrés et n’attendent que les ordres.
    Ça s’appelle la dissuasion de la coalition terroriste (le préfix « anti- » étant évidemment faux et induisant en erreur).
    Attendons de leur part une résignation non moins angélique. 

    • oscar fortin oscar fortin 22 octobre 2016 22:43

      @roman_garev : merci pour votre présence pro active à commenter et enrichir les articles que je présente sur ce site. Merci également pour votre encouragement. Comme je l’ai déjà dit, j’apprends énormément des commentaires que je me fais un devoir de lire dans leur totalité.


      Bonne fin de journée 

    • ENZOLIGARK 24 octobre 2016 05:59

      @roman_garev ... , Привет Роман , ... pour les sous - marins dont on ne sait rien [ ou presque ici ... ] , ... c ’ est comme ces nouveaux drones magnetiques dont personne ne sait rien ... AhAhAhAhAh ... , ... pourront toujours mettre pleins gaz les navions ennemis et je parle pas de leur taille ... . ... АФФ ИСС per a corsica * ...


    • ENZOLIGARK 24 octobre 2016 07:32

      @ENZOLIGARK ... , ... des Leurres Techniquement Mooodifies ... . ... Va y avoir du spOOOrt ... , c ’ est ( presque ) sure  ! . ... AhAhAhAhAh ... . ... АФФ ИСС ...


    • roman_garev 22 octobre 2016 17:19

      A noter que le Conseil européen des 20 et 21 octobre qui devait normalement (c-à-d. selon les attentes et des mois d’efforts en suggestion de Fascington) confirmer l’intention de l’Occident de faire asseoir la Russie sur le banc des accusée d’un tribunal international pour des crimes de guerre, en commençant dans ce but par des sanctions de plus dites « syriennes », on ne peut plus sévères, a abouti aux prunes. Certes, on a entendu parler des « atrocités » de la bouche de ce cher Polonais (donc anti-russe par définition) Donald Duck... pardon, Tusk, mais plus question de « crimes » ni de sanctions.

      Cela veut dire que la docilité angélique sans réserves des dirigeants même européens envers l’Oncle Sam devenu évidemment taré touche son fin.

      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 22 octobre 2016 20:35

        @roman_garev
        Bonsoir,
        Le Gouvernement français s’illustre à nouveau en carpette totale...
        Hollande joue les gros bras..., ça doit vachement impressionner Poutine !
        Un dessin qui illustre notre Mamamouchi national ...


        Et les fines pensées diplomatiques de notre Ministre étranger aux Affaires.
        Quelle équipe de bras cassés !

      • oscar fortin oscar fortin 22 octobre 2016 22:19

        @Fifi Brind_acier : votre sens de l’humour me fait rire. Aussi bien en rire que d’en pleurer....


        Bonne fin de soirée

      • Pierre Pierre 22 octobre 2016 18:12

        Un très bon article qui rappelle avec opportunité les déclarations de Vladimir Poutine qui mettent les Occidentaux et surtout les Etats-Unis devant leurs contradictions.

        On peut penser ce qu’on veut de la vision politique de Poutine et de ses conseillers mais il est incontestable qu’ils ont une ligne claire et cohérente. 
        Ils ont désigné l’ennemi et ils ont décidé de le détruire. Les rodomontades occidentales et les dollars des pétromonarchies du Golfe seront inutiles à faire changer la Russie de cap.
        Pour les ignorants qui pensent qu’il y a moyen de faire pression sur la Russie, je tiens à dire qu’ils se bercent d’illusions.
        Si vous lisez la presse russe, vous verrez que la Russie considère l’élimination du terrorisme islamique comme vital pour sa sécurité et le pays a le soutien de sa population y compris des musulmans. 
        Si les Occidentaux veulent empêcher la Russie d’aller jusqu’au bout, ils n’ont d’autre choix que de faire la guerre à la Russie.
        @ roman-garev, 
        Bonjour, je suis évidement d’accord avec vos commentaires. Je voudrais juste ajouter que la patience de la Russie vis-à-vis de l’Ukraine commence aussi atteindre ses limites. Je viens de lire un article assez rude pour Porochenko. (lien)
        Le présentateur de TV russe, Vladimir Soloviev rapporte les paroles concernant l’Ukraine de Sergueï Lavrov d’habitude plus affable : « La patience stratégique de la Russie est terminée. Vous voulez voir le visage de l’ours ? Vous découvrirez que l’ours n’a pas seulement un visage mais aussi une gueule terrifiante. Si vous pensez que quelqu’un peut arrêter la Russie, alors vous ferriez mieux d’apprendre l’histoire que vous êtes en train d’essayer d’oublier ».
        Je crois que c’est clair. A suivre...

        • roman_garev 22 octobre 2016 18:41

          @Pierre
          Bonjour, d’accord avec vous.

          Sauf la patience vis-à-vis de l’Ukraine qui atteindrait ses limites.
          Entre la situation en Syrie et celle en Ukraine il n’y a rien de commun, sauf les USA qui sont derrière le dos des islamistes comme des nazis ukrainiens. 
          En Syrie il s’agit d’exterminer les égorgeurs barbus venus du monde entier (et d’y chasser la coalition terroriste avec les USA en tête, mais aussi, ensuite, les Turcs qui se croient maîtres du nord de la Syrie) pour laisser la Syrie vivre en paix.
          En Ukraine, le Donbass est déjà libre (sauf des tirs quotidiens qu’il faudra stopper, mais c’est tout comme patience finie). Quant au reste de l’Ukraine, il n’est pas question d’entrer sur ce territoire pour se mettre au dos 35 millions de nazis et de lobotomisés, avec l’industrie et l’infrastructure presque détruites et les centrales nucléaires au bord de catastrophes dépassant de loin Tchérnobyl (à noter que son personnel, au moins partiellement coupable du désastre, n’était rien autre qu’ukrainien). C’est trop même pour la Russie. On attendra tout le temps qu’il faudra la fin inévitable de ce bordel qui de suicidera de lui-même.
          Les clameurs dans les talk-show russes, cela ne veut rien dire, on les entend depuis mars 2014.
          Ce n’est pas des Soloviovs qui décident (d’ailleurs je regarde et écoute presque tous ses shows non seulement par TV, mais aussi par la radfio Vesti-FM), mais celui que vous savez.
          Pour voir le futur éventuel de l’Ukraine sous un autre angle, je vous recommande l’article d’Igor Ortsev « Il n’est pas exclu que demain les États-Unis bombarderont Kiev ».

        • arthes arthes 22 octobre 2016 18:59

          @Pierre

          Oui, la patience de l’agneau et la gueule terrifiante de l’ours (à défaut de la soif de sang du loup)

          Voila qui va bien à Poutine

          J’ai vu moi aussi, sur les médias formatés que ce dernier devenait « incontournable » pour régler les conflits au moyen orient et en Ukraine, que les menaces de sanctions étaient sans effets, bref « on » commençait à se sentir impuissants face à la Russie ...A mon sens, j’ai surtout compris que Poutine avait sorti les « griffes de l’ours » et que devant lui ça commençait à flipper ;

          Bref, j’espère ardemment que non seulement la Russie prenne définitivement sa place de leader mondial pour les siècles à venir, et qu’enfin nous puissions nous ouvrir librement t les uns aux autres dans un monde qui sera multipolaire, et qui sera l’avenir

          Les derniers soubressauts d’agonie de la France telle qu’elle est aujourd’hui me dégoutent, et ce qui me rassure c’est que je ne suis pas la seule, sinon, j’en aurait rien à taper de ce pays ingérable qui part en couilles à force de regarder la où le soleil se couche et pas où il se lève, même si je n’ai rien contre les américains, d’ailleurs je pense que eux aussi ils en ont plein le dos de ce système mondialiste qu’on nomme l’empire


        • roman_garev 22 octobre 2016 19:35

          @Pierre
          Vous avez raison en ce qui concerne le Donbass, pas le reste de l’Ukraine.

          Pour la premiêre fois Poutine a prononcé en publc (en commentant la rencontre à Berlin) les mots « République populaire de Donetsk et République populaire de Lougansk », et ceci sans le complément rituel « autoproclamées ».
          Un détail, direz-vous ? Pas du tout. Il n’y a presque pas de détails insignifiants dans les discours de Poutine, surtout dans les dénominations si importantes pour la Russie.
          Après les élections qui auront lieu à Donbass la Russie aura reconnu les deux républiques indépendantes. (Une dizaine de pays la suivront. Savez-vous que le parlement de la Syrie vient de reconnaître la Crimée en tant que russe ?) S’ensuivront des traités en bonne et dûe forme entre la Russie et ces deux républiques, lesquels permettront à la Russie de les aider officiellement contre l’agression de l’Ukraine, jusque par la force armée. Les soi-disant forces armées ukrainiennes seront repoussées vers les frontières des oblasts de Donetsk et de Lougansk telles qu’elles étaient avant le putsch de Kiev, et en surplus la vraie zone démilitarisée de 30 ou 40 km sera établie le long de ces nouvelles-anciennes frontières. Des hurlements éventuels de la soi-disant communauté internationale orchestrés par Fascington, on s’en foutra royalement.
          Et le reste de l’Ukraine pourrira tant qu’il voudra. Pour accélérer sa mort elle pourra rompre avec indignation les relations diplomatiques avec la Russie, ce qui n’apportera à cette dernière rien que du soulagement. Pour se suicider elle pourra même déclarer (enfin !) la guerre contre la Russie, qui finira à peu près comme la France a fini en 1940...

        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 22 octobre 2016 20:46

          @arthes
          Les Mamamouchis occidentaux doivent paniquer à l’idée que leurs mensonges soient découverts et qu’ils aient à rendre des comptes à leurs citoyens ....
          « ça ose tout : juger Poutine pour crime de guerre... ! »


        • Pierre Pierre 22 octobre 2016 22:26

          @roman_garev
          C’est toujours enrichissant de lire des articles comme celui de Igor Ortsev. C’est une approche du conflit ukrainien qu’on ne voit jamais dans nos médias. 

          Je retiens surtout la réflexion de Ishtchenko et je pense la même chose que lui : celui qui l’emportera en Syrie l’emportera aussi en Ukraine.
          On ne sait pas ce que Poutine a dans la tête pour l’Ukraine. Il a certainement comme d’habitude plusieurs plans pour réagir rapidement en cas de besoin. Je pense aussi que ce qu’il privilégie, c’est un effondrement de l’Ukraine. Il ne doit rien faire pour cela, juste attendre que le pays se délite tout seul. De plus, les accords de Minsk sont une impasse pour Porochenko et il n’y a pas d’accord de paix possible dans les circonstances actuelles. Donc on se dirige vers un conflit gelé tout au bénéfice de Moscou qui n’a pas envie d’être engagé dans deux conflits en même temps.
          D’un autre côté, Poutine n’a pas envie de voir le chaos s’installer à ses portes et il a certainement un plan pour l’empêcher tout comme il ne peut permettre une offensive ukrainienne dans le Donbass.
          Je n’ai jamais dit que la Russie va envahir l’Ukraine ou l’annexer. En revanche, en cas de dégradation de la situation, une offensive des troupes de la DNR avec un soutien russe n’est pas exclue. Jusqu’où ? C’est la question à mille euros. Au vu des résultats des dernières élections, les oblasts de karkhov, de Kherson, d’Odessa et bien d’autre ne sont pas d’accord avec Kiev !
          Et je ne crois pas que les conscrits du reste de l’Ukraine seraient prêts à mourir pour reconquérir ces territoires. Si cela arrivait, je crois que la Russie favoriserait une partition de l’Ukraine sans chercher à annexer de nouveaux territoires... du moins dans un premier temps.
          Pour Tchernobyl en 86, je sais aussi que c’était des techniciens ukrainiens qui étaient aux commandes. Des amis sur place m’avaient dit à l’époque qu’ils n’étaient pas 100 % sobre quand il ont commencé l’exercice de routine qui a déclenché la catastrophe. Les commentaires sous l’article de Ortsev concernant une nouvelle catastrophe nucléaire sont assez inquiétants. Je ne vois pas où on trouvera à nouveau une armée de liquidateurs pour sauver la situation. C’est vraiment flippant.
          Pour revenir à mon commentaire précédent, si Lavrov a vraiment fait cette déclaration, c’est inabituel pour lui et c’est qu’il doit y avoir une raison.






        • Pierre Pierre 22 octobre 2016 23:00

          @arthes
          Personnellement, je ne voudrais pas que la Russie devienne leader mondial et je ne pense pas que les Russes le désirent.

          D’après ce que j’ai appris, les Russes veulent vivre suivant la façon qu’ils ont majoritairement décidé, ils ne veulent pas être menacés par d’autres, surtout à leur frontières et ils disent que chacun est libre de s’organiser chez lui comme il l’entend.
          Le conflit en Syrie concerne la Russie et elle y intervient parce que cela se passe à quelques centaines de kilomètres de ses frontières. 
          Pour la France et le reste de l’UE, on attend un nouveau printemps des peuples mais ce n’est pas pour demain.
          Un monde multipolaire : j’y crois et je crois même que ce sera ça ou la guerre.

        • arthes arthes 22 octobre 2016 23:47

          @Pierre

          Cest vrais que Leader mondial n’est pas le mot qui convient et il n’est pas celui qui reflète ma pensée,il ferait penser à une groupie que je ne suis pas, donc je rectifie, tout en précisant que par ailleurs, je partage votre point de vue.

          Je veux parler d’impulsion pour le « demain du monde », voila, il ne s’agit pas devoir la Russie comme une entité qui désire conquérir pour asservir mais qui ouvre un champs de vision nouveau, encore « en friche » qui est l’avenir, ce pourquoi j’affirme que nous avons beaucoup à faire ensemble, mais déjà il faut un enterrement civil de la vieille dépouille, le printemps des peuples, c’est en effet mal barré, où alors ça se fera aux forceps


        • Et hop ! Et hop ! 23 octobre 2016 03:55

          @Pierre : Ce qu’il faut souhaiter pour un apaisement du monde, c’est l’indépendance des 50 États américains, leur décolonisation, qu’ils redeviennent des États reconnus au Nations Unies, avec leur diplomatie et leur monnaie, et que les USA disparaissent définitivement comme puissance politique oppressive, malfaisante et impérialiste.


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 octobre 2016 07:12

          @Et hop !
          Il y a déjà au Texas un mouvement pour l’indépendance, favorable à un Texit  !

          "(...) Le Texas compte 27 millions d’habitants, soit 40% de la population française et fait 695 000 km² (donc plus grand que la France). C’est un État qui a une véritable histoire nationale et les partisans du Texit soulignent notamment que la France a reconnu l’indépendance du Texas en 1838, sous Louis-Philippe Ier.

          Loin d’être un mouvement marginal, le TNM a déjà obtenu que plus de 300 000 Texans manifestent leur volonté de ne plus faire partie de l’État fédéral américain.

          Le Texas Nationalist Movement est un parti parfaitement légaliste, qui refuse tout extrémisme et tout racisme, et qui se propose de rendre la démocratie au peuple texan." (...)


        • roman_garev 23 octobre 2016 09:32

          @Fifi Brind_acier
          « Il y a déjà au Texas un mouvement.. »


          Pas « déjà », mais depuis des décennies. Et pas seulement au Texas. Et alors ?

        • roman_garev 23 octobre 2016 09:40

          @Et hop !

          « Ce qu’il faut souhaiter... »
          ...ce que chaque être humain soit sain et riche. Que chacun sourit et fasse cadeau d’une fleur à ses proches rencontrés dans la rue. Que toutes les armes soient refondues en décorations... 
          Un peu de ce même opéra utopique...


        • roman_garev 23 octobre 2016 09:44

          @Pierre

          « une nouvelle catastrophe nucléaire... Je ne vois pas où on trouvera à nouveau une armée de liquidateurs pour sauver la situation. C’est vraiment flippant. »


          Voilà. J’attends toujours quand ces décervelés de dirigeants de l’UE s’en rendront compte. Il paraît que cela ne se produira qu’au moment d’une catastrophe.

        • roman_garev 23 octobre 2016 09:54

          @arthes

          Pancarte d’un café de Kemer (Antalya, Turquie).
          Pour ceux qui ne lisent pas en russe, la traduction de dernières lignes :
          Tout sera bien
          Vova a raison
          Vova c’est la force
          Vova sera pêre du monde 


        • JMBerniolles 23 octobre 2016 11:41
          @Pierre

          Il y a beaucoup de confusion entretenue à propos de l’accident nucléaire de Tchernobyl.

          La première chose qu’il faut considérer est que cet accident a eu lieu dans le cadre l’URSS, donc sous la responsabilité d’un pouvoir central à Moscou. Et cela concernait un réacteur de conception russe.

          J’ai lu le rapport très complet des scientifiques sur l’analyses des causes et circonstances de l’accident, sur les actions pour le contenir et sur les doses d’irradiations intégrées par les courageux intervenants particulièrement les premiers (environ 200 qui savaient qu’ils se sacrifiaient. Tous ne sont pas morts dans les courts délais qui leur étaient prédis)

          Dans mon esprit je qualifie cet accident d’accident de société. Il est à l’image du délitement et de l’implosion du régime soviétique, plus exactement du système déviant qui s’est construit sur la révolution Bolchevique.

          Dans la pratique une équipe d’essai venant de l’extérieure est intervenue sur le réacteur pour faire des expériences. La direction de la centrale a été mise de côté. L’équipe pour faciliter ses manips a shunté des sécurités,... Le rapport met en évidence six manquements graves aux règles de sécurité qui ne pouvaient que conduire à l’accident.

          Aujourd’hui nous nous trouvons à nouveau avec un gros problème de société.
          Espérons que les équipes de techniciens qui gèrent les centrales nucléaires sur lesquelles de grosses études de sûreté ont été réalisées, soient professionnelles. Le pays ne peut se passer de son électronucléaire. Nous non plus d’ailleurs.




        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 octobre 2016 11:45

          @roman_garev
          Et alors ? Si les USA éclatent, on ne va pleurer, non ?


        • roman_garev 23 octobre 2016 13:59

          @JMBerniolles
          « un réacteur de conception russe. »

          Pas du tout. De conception soviétique. Il ne faut pas jongler des mots et confondre des notions à son gré, selon vos besoins d’argumenter. D’ailleurs plus bas vous parlez vous-même de l’URSS.
          « la responsabilité d’un pouvoir central à Moscou. »
          Toute la responsabilité est toujours à Moscou - ah, que c« est facile de mettre le tout sur le dos d’un chef là-haut ! avez-vous tjrs besoin de vot’ maman pour faire caca ?), mais l’équipe était ukrainienne, contrôlée de près par Kiev. Qui plus est, le dispatcher de Kiev-Energo a interdit (pour les besoins locaux de Kiev en énergie) la baisse de puissance prévue par l’expériment, se foutant donc de la sécurité.
           »Aujourd’hui nous nous trouvons à nouveau avec un gros problème de société.« 
          Pourquoi »à nouveau«  ? Quel »gros problème de société« y avait-il en Tchérnobyl en 1986 ?

           »Espérons que les équipes de techniciens qui gèrent les centrales nucléaires sur lesquelles de grosses études de sûreté ont été réalisées, soient professionnelles."
          Abandonnez vos espoirs le plus vite possible. Aucune équipe ne saura maintenir en état de sécurité une centrale nucléaire sans financement. De sorte que tous les délais de contrôle et de réparation sur toutes les centrales ukrainiennes ont été dépassés depuis des années sinon des décennies. Donc il ne nous reste que prier Dieu.

        • roman_garev 23 octobre 2016 14:12

          @Fifi Brind_acier
          De quoi parlez-vous avec cet « Et alors ? » Je ne comprends pas.


        • JMBerniolles 23 octobre 2016 14:29
          @roman_garev

          Je ne veux pas polémiquer avec vous, mais je connais un peu la question tout de même.

          La Russie existait sous l’Union soviétique et elle avait de grands savants et scientifiques. D’ailleurs les sciences et technologie de l’actuelle Russie viennent de là. On ne peut expliquer la renaissance rapide russe sans l’héritage d’un certain nombre de choses de l’URSS.

          Donc les WWER sont de conception russe, comme les réacteurs rapides BN350, BN600 et maintenant BN800, vous-même avez cité le projet BREST-300 pour éliminer les actinides.... tout cela est dans la continuité de ce qui se faisait sous l’URSS... les instituts IBRAE et Kourtchatov avec lesquels j’ai travaillé hébergent des scientifiques très brillants.

          Vous confirmez ce que je dis : le délabrement de la société ukrainienne sous le régime de Kiev, met en danger les réacteurs nucléaires... 

          Mais un accident nucléaire même très grave, n’est rien à côté de l’explosion de bombes atomiques.
          Je pense que c’est là que réside le plus grand danger

        • roman_garev 23 octobre 2016 14:49

          @JMBerniolles
          Une grande partie de savants en URSS étaient d’origine ukrainienne. Des grands instituts, bureaux de constructeurs (Youjmach pour les fusées, Antonov pour les gros avions et j’en passe pour ne pas avoir toute une page A4 pour une simple énumération) et autres centres scientifiques étaient justement à l’Ukraine.

          Vous pouvez croire de connaître cette seule question, mais vous ignorez, comme je vois, le principe cardinal de l’industrie, de science et de technique de l’URSS, qui était une très lage coopération. Chaque grand projet était réalisé en fait par des centaines d’instituts, de laboratoires et d’usines situés dans tous les coins de l’URSS, de Mourmansk à Erevan et de Minsk à Vladivostok, en passant en grande partie par ces centres industriels et scientifiques ukrainiens tels que Kiev, Kharkov, Dniépropetrovsk, Nikolaev, Zaporojié et j’en passe.
          C’était la politique fondée par Staline, de créer des miliers et des dizaines de milliers de liens entre les républiques.
          L’industrie russe militaire vient de se heurter à ce gros problème depuis 2014. Plusieurs grandes composantes (même celles des missiles spatiales et ballistiques, des hélicoptères, des navires et j’en passe) venaient jusuque 2014 de l’Ukraine. Il n’y avait pas d’usines en Russie capables de les produire. Même plus, la documentation des constructeus se trouvait en Ukraine, donc inaccessible. Il a fallu « réinventer la bicyclette ».
          Jamais pensé à cela ?
          Donc tout produit scientifique et industriel en URSS était forcément soviétique. Pas russe ni ukrainien ni biélorusse ni arménien... Donc vos affirmations sur les qqch de purement russe en URSS sonnent faux, pardon.

        • JMBerniolles 23 octobre 2016 15:06
          @roman_garev

          Encore une fois je ne veux pas polémiquer. Et je ne prétends pas tout connaître.
          Je ne vais pas nier qu’il y ait eu des savants aussi en Ukraine...

          J’ai cru comprendre que l’Ukraine est un pays redessiné, dont une bonne partie a toujours été russe, je veux dire dans la culture russe....

          Ce qui est important pour moi est que vous reconnaissiez l’héritage de l’URSS...





        • arthes arthes 23 octobre 2016 16:13

          @roman_garev

          Pas mal...Je le lis comme une symbolique universelle, chacun y mettra ce qu’il voudra, tous les chemins mènent à...Non, pas à Rome en fin de compte, l’influence catholique disparaitra elle aussi, la spiritualité elle restera car elle seule est éternelle, je préfère dire à l’étape Vova, mais ça prendra du temps.

          Cela m’a obligée tout de même à faire quelques recherches concernant la signification de « Vova ».. smiley



        • Pierre Pierre 23 octobre 2016 16:37

          @JMBerniolles
          Merci pour ces précisions. Mon allusion à la sobriété des techniciens est simplement une rumeur qui circulait à Kiev à la fin des années 80. Elle n’est nullement étayée par des preuves mais pour moi, connaissant le laxisme qui était de mise à l’époque, cela ne m’avait pas étonné.

          Pour les centrales actuelles, j’espère aussi que les mesures de sécurité sont bien respectées et qu’elles sont bien gardées. Avec les dingues qui circulent dans le pays armés jusqu’aux dents, il n’est pas exclus qu’ils prennent un jour une centrale nucléaire en otage. Je sais, c’est peu probable mais...

        • Dom66 Dom66 24 octobre 2016 00:32

          @roman_garev

          Bonsoir roman, toujours un plaisir de lire vos commentaires, que j’approuve à 100%. smiley

          Je suis de près les événements dans le Donbass, nos merdias n’en parlent pas, c’est pourtant triste, meurtres et attentats en série contre des leaders de la résistance etc..


        • Dom66 Dom66 24 octobre 2016 00:51

          @roman_garev

          Re-bonsoir roman,

          "Plusieurs grandes composantes (même celles des missiles spatiales et ballistiques, des hélicoptères, des navires et j’en passe) venaient jusuque 2014 de l’Ukraine. Il n’y avait pas d’usines en Russie capables de les produire. Même plus, la documentation des constructeus se trouvait en Ukraine, donc inaccessible. Il a fallu « réinventer la bicyclette »."

          Je soupçonne les USA d’avoir pensé affaiblir la Russie, spécialement  en déstabilisent cette région riche en usines et bureaux d’étude (l’Ukraine) et en plus, pour retourner toutes ces technologies cotées occidentales.

          Et je suis heureux de savoir que malgré tout maintenant la Russie arrive à produire sans l’Ukraine de la haute technique dans tous les domaines.

           


        • roman_garev 24 octobre 2016 10:16

          @Dom66

          Bonjour Dom66 et merci.
          Cette large coopération (en fait, dépendance mutuelle) entre les industries russe et ukrainienne héritée de l’URSS était la cause principale (avec le bail de la base de Sébastopol et le gazoduc transportant la plupart du gaz russe en UE) de la tolérance de la Russie envers le cirque nationaliste ukrainien qui se prolongeait depuis 1991. 
          Cette coopération rompue définitivement en 2014 du côté de Kiev a abouti à deux conséquences :
          1) pour la Russie : des difficultés avec la production de plusieurs produits, surtout des secteurs militaire et spatial (interruption de production, nécessité de création de nouveaux sièges de production, financement supplémentaire), suivies pourtant du fait très positif de l’indépendance complète de l’industrie ukrainienne ;
          2) pour l’Ukraine : la destruction complète de son industrie qui ne peut désormais ni produire quoi que ce soit (fautes de ressources et composantes fournies autrefois par la Russie) ni vendre sa production à qui que ce soit (vu son inutilité absolue pour qui que ce soit autre que la Russie).

          Les Ukrainiens qui étaient dans l’industrie (ceux qui sont encore actifs) fuient en Russie. L’Ukraine devient un État purement agricole et tombe de ce fait en misère incroyable vu que l’UE ne sait pas que faire déjà de sa production agricole à elle...

        • Pierre Pierre 24 octobre 2016 11:09

          @roman_garev
          Bonjour, 

          Je sais que la Russie recrute des techniciens et des scientifiques ukrainiens pour compenser le boycott de Kiev. Avez-vous une idée du nombre de personnes que cela concerne, des secteurs concernés et de l’accueil de ces nouveaux migrants de luxe en Russie ?
          Est-ce que vous savez s’il est intéressant d’utiliser Yandex pour avoir des informations plus pointues sur la Russie et savez-vous si c’est disponible en Europe de l’Ouest ?
          Merci d’avance si vous avez les réponses.

        • Pierre Pierre 24 octobre 2016 11:37

          @roman_garev


          PS. Vous ne croyez pas qu’en recrutant des Ukrainiens dans le secteur militaire, la Russie prend un risque (calculé ?) de fuites d’informations sensibles ? Moi, c’est ce que je crains !
          Je sais que les Etats-Unis évitent autant que possible d’engager des étrangers dans la recherche militaire pour cette raison. C’est sans doute une des raisons de leurs échecs récurrent dans ce domaine alors que dans le secteur civil, ce n’est pas le cas. On n’a qu’à voir le nombre et la qualité des brevets déposés aux Etats-Unis par les entreprises privées qui utilisent des scientifiques étrangers pour s’en convaincre.
          Il faut savoir que l’enseignement secondaire aux Etats-Unis n’est pas très performant et que la réussite technologique de ce pays est aussi due à l’arrivée de milliers d’étudiants formés dans les autres pays du monde qui viennent parfaire leurs études dans les universités américaines.

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